... Quand les patrons demandent de baisser leurs charges, on comprend très bien ce qu'ils veulent. En payant moins pour la Sécurité sociale ou pour le système des retraites, ils s'enrichissent d'autant. Eux, mais pas nous. Pour nous, c'est le contraire ! Nous, on vient nous dire que les retraites manquent d'argent, qu'il faut travailler jusqu'à un âge plus avancé. Et qu'il faut diminuer les remboursements des médicaments.
Quand Bardella et Le Pen disent qu'ils ont comme solution de baisser les charges, c'est de cela qu'il s'agit. Ils ont comme programme de baisser les cotisations des patrons. Cela ferait donc aggraver la situation des caisses de retraite, de chômage, de l'assurance-maladie...
Marine Le Pen et Jordan Bardella disent vouloir améliorer notre vie. Ils nous promettent d'augmenter les salaires. Comment ? En obligeant les patrons à le faire ? En augmentant le SMIC, le salaire minimum obligatoire, dans tout le pays ? Pas du tout. Non, leur solution, nous disent-ils, c'est de baisser les charges.
Une charge, c'est quelque chose de pesant, qu'il faut supporter. Mais de quoi parlent Bardella et le Pen ? Prenez votre bulletin de salaire, n'importe lequel. Vous avez plusieurs colonnes de chiffres. Prenez celle qui est la plus à droite ; elle est appelée "cotisations patronales", ou "employeur". Elle parle du patron. A côté de cette colonne, une autre est appelée "part employé " ou simplement "montant". Celle-là parle de nous.
Sur la première ligne du tableau, il y a notre salaire de base, qu'on appelle aussi le salaire brut. Dans notre colonne, il y a des chiffres un peu bizarres, car ils sont suivis d'un signe moins -. Cela veut dire que cette somme est enlevée de notre salaire de base. Et pour chaque chiffre avec un moins, on nous dit, sur sa ligne tout à gauche, pourquoi on nous enlève cet argent de la paye, et où il va : sécurité sociale, retraite, santé, etc. Cet argent, c'est donc celui qui sert à payer nos arrêts maladie, nos médicaments, notre retraite.
Sur l'autre colonne, celle des patrons, c'est un peu la même chose, même s'il n'y a pas de signe moins : sécurité sociale, accidents du travail, assurance chômage, etc. Il y a donc une part payée par le patron, et une part payée par nous.
Voilà ce dont parlent Bardella, et d'autres avec lui, quand ils disent qu'il y a trop de "charges". Les patrons ont toujours appelé cela des charges, pour s'en plaindre, et pour demander au gouvernement qu'il diminue leur part. Entre 2013 et 2019, la part des patrons a beaucoup baissé ; elle était d'environ 40% du salaire brut ; elle est passée à 30% seulement. Elle a donc baissé d'un quart. Et cette baisse très importante de ce que payent les patrons, c'est une des raisons pour lesquelles la Sécurité sociale, le système des retraites, l'assurance-chômage, ont des difficultés financières.
Quand les patrons demandent de baisser leurs charges, on comprend très bien ce qu'ils veulent. En payant moins pour la Sécurité sociale ou pour le système des retraites, ils s'enrichissent d'autant. Eux, mais pas nous. Pour nous, c'est le contraire ! Nous, on vient nous dire que les retraites manquent d'argent, qu'il faut travailler jusqu'à un âge plus avancé. Et qu'il faut diminuer les remboursements des médicaments.
Quand Bardella et Le Pen disent qu'ils ont comme solution de baisser les charges, c'est de cela qu'il s'agit. Ils ont comme programme de baisser les cotisations des patrons. Cela ferait donc aggraver la situation des caisses de retraite, de chômage, de l'assurance-maladie.
La solution que Bardella et Le Pen proposent, celle de baisser les charges des patrons, c'est uniquement pour les patrons qui augmenteront nos salaires. Alors oui, les salaires pourraient augmenter, si les patrons ne trouvent pas un prétexte pour refuser de le faire : la concurrence, par exemple. Mais pour nous, il est sûr et certain que l'on viendra nous demander de payer la part de retraite, de maladie et de chômage, que les patrons auront économisé. Comment ? Avec des médicaments encore moins remboursés, avec un "reste à charge" qui augmente pour une consultation de médecin, et une retraite encore repoussée.
C'est donc un cadeau empoisonné que nous promettent Bardella et le Pen.
Pour les patrons, c'est un vrai cadeau, bien alléchant. Et il veut dire beaucoup de choses. Il nous dit de quel côté sont Bardella et Le Pen, dans la bataille que les patrons nous font depuis toujours. Le simple fait d'utiliser le mot "charges", comme les patrons, veut dire que, comme eux, ils n'aiment pas le système qui est en place. Car ce système demande aux salariés les plus riches de payer plus que les autres pour la retraite et la maladie. Grâce à quoi, avec le système actuel, les ouvriers et les employés ont vu de meilleures possibilités de se faire soigner, et d'avoir une retraite après une vie de dur travail.
Les patrons et de nombreux riches préfèreraient que chacun de nous paye, pour sa retraite (par capitalisation), et pour la maladie (mutuelle). Cela existe déjà. Car cet argent mis de côté, ils pourraient l'utiliser et en tirer des profits nouveaux. Et tant pis pour ceux qui n'ont rien à mettre de côté.
Des charges ? Bardella, le Pen, et les patrons derrière eux, voilà de vraies charges bien lourdes qui pèsent sur nous ! C'est eux qu'il nous faut dénoncer.